Le mariage civil...
J'ai assisté à un mariage civil il y a peu. Le dernier remontant à très loin, je ne savais pas de quoi il en retournait, et m'attendait bêtement à une belle cérémonie, festive et pleine d'émotions heureuses.
Mais c'était sans compter sur le fait que nous mettions les pieds chez le monstre froid.
Alors que le cortège, souriant et chaleureux, prend place tranquillement dans la salle des mariages, surgit de nulle part une musique d'orgue préenregistrée sur magnétophone et pousssée à fond : la musique habituelle de la cérémonie, elle fait tressaillir tous les invités et me casse les oreilles.
En attendant la suite, j'observe. Derrière l'autel, il y a une statue de Marianne en guise de Jesus, et sur le mur de droite, juste au dessus de moi, comme une icône, une photo de Chirac avec un air faussement bienveillant.
Devant, sur une marche de l'estrade, une employée municipale se tient droite comme un poteau et joue "l'enfant de coeur". Elle reste toujours statique, regardant nulle part, et soudain elle annonce le maire, avec une voix digne des criardes chinoises de l'armée rouge : "veuillez vous lever !". Extraits du code civil, dits avec foi et une fierté absurde par la jeune adjointe qui croit représenter quelquechose. Sermon de fidélité, "oui ou non", "bénédiction du maire et de l'Etat", "asseyez-vous", "levez vous", un autre employé effectue la quête pour les oeuvres sociales de la mairie (du 16e), "au revoir", le personnel nous invite à sortir et on a droit à une minute de l'infâme magnétophone en sortant. 10 minutes en tout.
Inhumain, déprimant, cassant, colère. L'Etat est un voleur, il n'a pas à mener la promesse d'amour, ni à l'adouber, il doit en prendre acte, point, pour les questions matérielles, ici est son rôle. Il vole ce qui est censé être le plus beau moment d'une vie.
Lors de cette cérémonie, on se serait cru dans un pays qui vient d'adopter le communisme et fait quelques petites concessions "d'opium" pour ne pas déshumaniser trop brutalement son peuple, avec une maladresse qui aggrave son cas et provoque une encore plus grande violence. Ridicule, froid, digne des pires films d'anticipation, et pourtant c'est bien la réalité, et c'est une réalité obligatoire à quiconque veut se marier en France.
Ici, se marier à l'Eglise est impossible si l'on n'est pas passé d'abord par cette horrible cérémonie d'Etat, elle nous est imposée. Le sermon du couple doit être fait d'abord devant le maire (et peu importe ses qualités individuelles), ou sous la photo du chef de l'Etat (souvent roi des pervers et des manipulateurs). Ce sermon, ce pacte d'amour, ce qu'il y a de plus beau dans la vie d'un Homme, cette valeur spirituelle fondamentale, l'Etat la vole, la brime, avec sa maladresse, sa froideur, et il rend ainsi stérile la cérémonie religieuse (les mots et le sermon ayant déjà été prononcés).
D'aucun prétexteront la laïcité, absurde ! Ici il y a abus, l'Etat ne se sépare pas du religieux, il cherche à le remplacer, le dominer, lui nuire, voir le copier. C'est une spécificité française. Pourquoi est il impossible de faire enregistrer son engagement à la mairie, pour les problèmes bassement matériels, tout simplement par un prêtre ou un rabbin qui signale le mariage, comme c'est le cas dans la plupart des démocraties ? Pourquoi est on obligé de se taper cette infâme cérémonie, pourquoi n'est on pas libre de choisir ? La laïcité c'est la séparation, pas l'opposition...
Dans le mariage religieux, le prêtre est au service du couple, qui est maître de sa cérémonie, c'est le couple qui décide de la musique, de ce qui est lu, de l'organisation, etc... Une religion agissant comme la "laïcité" dans cette cérémonie serait stigmatisée, taxée de fondamentalisme et d'obscurantisme.
Dans une démocratie normale, un couple a le droit de choisir son type de marriage, il ne va à la mairie que pour le signaler, signer un papier et point final. Le rôle de l'Etat se limite à cela, il est froid, administratif, il tamponne, valide, c'est un monstre froid qui n'a pas à se prendre pour plus que ce qu'il n'est, il doit être au service du peuple, pas l'opprimer, comme c'est ici le cas. L'Etat suit, ne s'impose pas...
La première des liberté chez un Homme est de choisir son mariage. Le rôle de l'Etat, c'est de s'occuper des problèmes régaliens, ici, en France il a une tendance dictatoriale. Face à cela, seule l'inadaptation est une solution : la non coopération, le refus, être hors la loi et passer-outre est ici une vertu. J'invite tout couple qui souhaite se marier à l'Eglise à se marier à l'étranger, ou à refuser cette cérémonie d'Etat en insitant inlassablement auprès des mairies pour qu'elles fassent leur travail : remplir des papiers, s'occuper des problèmes matériels, et en cherchant inlassablement à convaincre les maires d'officialiser le mariage sans cérémonie, par un simple rendez vous avec celui-ci ou l'adjoint qui prend acte.
La nouvelle idole déshumanise, brime les êtres, elle rend fade, froid, elle sort de son rôle, c'est une voleuse qui tue ce qu'il y a de beau et de bon, par pitié qu'en France on la fasse taire, qu'enfin la religion et l'Etat se séparent, qu'on laisse vivre le peuple, la première règle des droits de l'Homme est que les peuples sont libres de disposer d'eux mêmes. Au nom de cette règle, disposons de l'Etat qui vole le mariage, et disposons des statues de Marianne et des photos de Chirac, il y a un sentiment religieux qui pèse sur l'Etat en France, la laïcité s'impose à tous : ni crucifix ni Marianne dans les lieux publics.
L'Etat français se prend pour Dieu, l'Eglise, c'est un héritage de la révolution, qui n'a toujours pas été équilibré, et c'est la cause de bon nombre de problèmes français...
Les commentaires récents